Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
À MADAME DESBORDES-VALMORE
Puisqu’aussi bien tout passe et que l’Amour a lui.Puisqu’après le flambeau ce n’est plus que la cendre,Que le rayon pâli n’est plus même à descendre,Puisqu’en mon cœur désert habite un morne ennui,
Si le loisir du chant me revient aujourd’hui,Qu’en faire, Muse aimée ? et nous faut-il attendreL’écho qu’hier encore il était doux d’entendre,Dernier soupir du nom qui pour toujours m’a fui ?
Oh ! sortons de moi-même ! et de mon âme erranteSuspendons loin de moi la corde murmurante !Ailleurs, je sais ailleurs des endroits consacrés :
Et comme un timbre d’or, qui parfois chante où pleure,Mon vers harmonieux sonnerait les quarts d’heureHeureux ou douloureux des amis préférés.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources