Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
La jeunesse est passée : un autre âge s’avance ;J’en ai senti déjà les signes sérieux,L’instant est solennel : fuyons loin de ces lieux !L’Amour qui m’a laissé ne m’en fait plus défense.
Partons : dans le détroit où mon esquif se lance,Il convient d’être seul pour de mornes adieux,La main au gouvernail, l’œil au profond des cieux,Le cœur ouvert et haut, pour tout voir en silence.
Des rivages aimés les derniers sont venus ;Ils passent ; c’est l’entrée aux grands flots inconnus.À de tels horizons il est temps de se faire.
Naples, Rome, en passant à peine je vous vois ;Mais, vous entrevoyant, que mes pleurs quelquefoisCoulent plus adoucis sur ma ride sévère !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources