Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
J’ai vu le Pausilype et sa pente divine ;Sorrente m’a rendu mon doux rêve infini ;Salerne, sur son golfe et de son flot uni,M’a promené dès l’aube à sa belle marine.
J’ai rasé ces rochers que la grâce domine,Et la rame est tombée aux blancheurs d’Atrani :C’est assez pour sentir ce rivage béni ;Ce que je n’en ai vu, par là je le devine.
Mais, Ô Léman, vers toi j’en reviens plus heureux ;Ta clarté me suffit ; apaisé, je sens mieuxQue tu tiens en douceurs tout ce qu’un cœur demande ;
Et Blanduse et ses flots en mes songes bruiraient,Si j’avais un plantage où, le soir, s’entendraientLes rainettes en chœur de l’étang de Champblande !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources