Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
Pardon, cher Olivier, si votre alpestre audaceJusqu’aux hardis sommets ne me décide pas ;Si quelque chose en moi résiste et pèse en bas ;Si, pour un seul ravin, tantôt j’ai crié grâce !
Tous oiseaux à l’envi ne fendent tout l’espace,Toutes fleurs n’ont séjour, passé de certains pas ;Si quelqu’une, plus fière, a doublé ses appas,Il en est du vallon qui n’ont que là leur grâce.
N’en ayez trop dédain, quand vous les respirez.Tout mon être est ainsi : pas d’haleine trop haute ;Promenade aux coteaux, poésie à mi-côte,
C’est le plus, et de là j’ouïs les bruits sacrés.Pourtant, pourtant j’ai vu, traîné par vous, cher hôte,Sur Aï les cieux bleus que vous m’avez montrés !
Lioson.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources