Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
Ballade du vieux temps
À qui mettait tout dans l’amour,Quand l’amour lui-même décline,Il est une lente ruine,Un deuil amer et sans retour.L’automne traînant s’achemine ;Chaque hiver s’allonge d’un tour :En vain le printemps s’illumine ;Sa lumière n’est plus divineÀ qui mettait tout dans l’amour !
En vain la Beauté sur sa tour,Où fleurit en bas l’aubépine,Monte avec l’aurore et fascineLe regard qui rôde à l’entour.En vain sur l’écume marineDe jour encor sourit Cyprine :Ah ! quand ce n’est plus que de jour.Sa grâce elle-même est chagrineÀ qui mettait tout dans l’amour !
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources