Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
IV. « Comme au matin l’on voit un Essaim qui butine »
Comme au matin l’on voit un Essaim qui butineS’abattre sur un Lys immobile et penché ;La tige a tressailli, le calice s’incline,Et s’incline avec lui tout le trésor caché.
Et tandis que l’Essaim des abeilles ensemblePèse d’un poids léger et blesse sans douleur,De la pure rosée incertaine et qui trembleDeux gouttes seulement s’échappent de la fleur.
Ce sont tes pleurs d’hier, tes larmes adorées,Quand sur ce front pudique interdit au baiser,Mes lèvres (ô pardonne !) avides, altérées,Ont osé cette fois descendre et se poser :
Ton beau cou s’inclina, ta brune chevelureLaissa monter dans l’air un parfum plus charmant ;Hais quand je m’arrêtai contemplant ta figure,Deux larmes y coulaient silencieusement.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources