Poésies de sainte-Beuve, 1829· Poésies· Sonnets
II
— Pauvre enfant, qu’as-tu fait ? qu’avais-tu pour mourir ?Te fallait-il de l’or pour te plaire à la vie ?Quoi ! d’un pareil regret ton âme poursuivieSous la pourpre et la soie espérait moins souffrir !
— Non ; la pourpre et la soie auraient pu me couvrirSans prendre à leur réseau ma vanité ravie ;Par de meilleurs zéphyrs ma jeunesse servie,Loin d’un soleil pompeux, aurait aimé fleurir.
Il ne m’aurait fallu, sur un coin de la terre,Qu’un loisir innocent, un chaume solitaire ;Les trésors de l’étude à côté d’un ami ;
Et, vers l’heure où le jour fuit sous l’ombre naissante,Une main pour répondre à ma main frémissante,Un sein où me pencher, les yeux clos à demi.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources