Poésies de sainte-Beuve, 1829· Poésies· Sonnets À madame ***.
II
Madame, il est donc vrai, vous n’avez pas voulu,Vous n’avez pas voulu comprendre mon doux rêve ;Votre voix m’a glacé d’une parole brève,Et vos regards distraits dans mes yeux ont mal lu.
Madame, il m’est cruel de vous avoir déplu :Tout mon espoir s’éteint et mon malheur s’achève ;Mais vous, qu’en votre cœur nul regret ne s’élève,Ne dites pas : « Peut-être il aurait mieux valu… »
Croyez avoir bien fait ; et, si pour quelque peineVous pleurez, que ce soit pour un peigne d’ébène,Pour un bouquet perdu, pour un ruban gâté !
Ne connaissez jamais de peine plus amère ;Que votre enfant vermeil joue à votre côté,Et pleure seulement de voir pleurer sa mère !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources