Poésies de sainte-Beuve, 1829· Poésies· Sonnets À madame ***.
I
Ô laissez-vous aimer !… ce n’est pas un retour,Ce n’est pas un aveu que mon ardeur réclame ;Ce n’est pas de verser mon âme dans votre âme,Ni de vous enivrer des langueurs de l’amour ;
Ce n’est pas d’enlacer en mes bras le contourDe ces bras, de ce sein ; d’embraser de ma flammeCes lèvres de corail si fraîches ; non, Madame,Mon feu pour vous est pur, aussi pur que le jour.
Mais seulement, le soir, vous parler à la fête,Et tout bas, bien longtemps, vers vous penchant la tête,Murmurer de ces riens qui vous savent charmer ;
Voir vos yeux indulgents plus mollement reluire ;Puis prendre votre main, et, courant, vous conduireÀ la danse légère… Ô laissez-vous aimer !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources