Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
Sonnet
À la comtesse Marie.
Ἄλλος γάρ τ’ ἄλλοισιν ἀνὴρ ἐπιτέρπεται ἔργοις.HOMÈRE, Odyssée, XIV.
Le vieux coursier hennit aux escadrons fumants,Le vieux nocher s’émeut au murmure de l’onde ;Napoléon captif, s’il regardait le monde,Lui lançait, dit Victor, de longs rayonnements.
Moi dont l’humble bonheur n’eut que de courts momentsEt de qui le destin moins hautement se fonde,Si le frais souvenir m’offre une tresse blonde,Mon œil a retrouvé ses éblouissements.
Ainsi quand je vous vis du premier jour, Madame,Une boucle brillait sur votre joue en flamme ;Il m’en était resté comme un éclair lointain.
Mais voilà que tardif, vous revoyant encore,J’ai retrouvé la boucle aussi fraîche qu’Aurore,Et le même rayon s’y jouait ce matin.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources