Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
Sonnet
À MARIE DITE LA PETITE BOHÈME.
Un or frisé de maint crespe anelet.RONSARD.
Ces beaux petits cheveux aux doux flots ondulés,Rebelles à la main, à l’ongle qui s’y joue,Qui veulent s’échapper tout le long de la joue,Oh ! laissez-les courir, oh ! laissez, laissez-les !
Tout frisés par nature et d’un tour fin roulés,Sans qu’un réseau les serre ou qu’un ruban les noue,Oh ! laissez-les ainsi, la grâce les avoue ;Pétrarque les eût dits crépés ou crépelés.
Telle sur la colline, aux sources de Vaucluse,La fontaine en courant, la Nymphe qui s’amuseLaisse parfois un flot s’enfuir hors de son lit ;
Ou telle, au pied des monts, votre aimable CorrèzeOublie à travers champs, dans les fleurs ou la fraise,Quelque frais ruisselet dont le pré s’embellit.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources