Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
I. Sonnet
Des laves du Vésuve une goutte enflammée,Durcie en pierre sombre où l’onyx est scellé,Luit dans l’or sur sa gorge, à son sein étoilé :Un guerrier s’y figure en antique camée.
Et tandis qu’elle parle, et que, de grâce armée,Elle glisse et fait fuir, autre part appelé,Le regard qu’attachait l’éblouissante clé,Toujours il y revient, à l’idole fermée.
Ô Vous qu’on aime à l’ombre, et selon vous trop tard,Qu’on désire avec pleurs, qu’on implore sans art,Oh ! quand il nage encor dans sa neige si belle,
Oh ! qu’à ce sein je puisse, avant mon soir aussi,Mieux qu’antique camée ou lave au flot durci,Clouer mon front brûlant, toute une heure… éternelle !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources