Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
X. Sonnet
Attendre, attendre encor ! voir pâlir les beaux joursEt l’automne, en fuyant, attrister la lumière ;Des feuilles, sur mon front, voir trembler la dernière,Et n’oser te rejoindre, ô mes chères amours !
Au lit, dans cette chambre où mes ennuis sont lourds(Chambrette qui nous fut pourtant hospitalière),Me bercer d’un volume écrit sous La VallièreEn ce style enchanteur des loisirs et des Cours !
Et la pluie, en lisant, que j’entends sur la cendre,…Et mon double rideau qui laisse trop descendreUn matin sans sourire, insipide lueur ;…
Oh ! oui, c’est là ma vie, amoureuse et stagnante,Calme sous son brouillard, et si peu rayonnante :Absence de plaisir sur un fond de bonheur !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources