Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
IX. Sonnet
8 septembre, cinq heures du soir.
…Albaque populus !
Triste, loin de l’Amie, et quand l’été décline,Quand le jour incliné plaît à mon cœur désert,Sans un souffle de vent, sous un ciel tout couvertD’où par places la pluie échappait en bruine,
Je sortais du taillis au haut de la colline :Soudain je découvris comme un sombre concertDe la nature immense : avec un dur flot vertLa rivière au tournant, d’ordinaire si fine ;
Et tous les horizons redoublés et plus bleusFonçaient d’un ton de deuil leur cadre sourcilleux ;Les bois amoncelaient leurs cimes étagées ;
Et la plaine elle-même, embrunissant ses traits,Au lieu de l’intervalle et des longues rangées,Serrait ses peupliers comme un bols de cyprès.
Au bord de l’Oise..
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources