Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme· Traduit de Moschus
I. « Sous un souffle apaisé quand rit la mer sereine »
Sous un souffle apaisé quand rit la mer sereine,Tout mon cœur s’enhardit, et pour l’humide plaineLa terre est oubliée : ô mer, je viens à toi !Mais qu’un grand vent s’élève et réveille l’effroi,Que l’écume du flot blanchisse et fasse rage,Tout mon amour alors se reprend au rivage ;Je ne veux que les bois, et l’ombre et les gazons :Le pin, par un grand vent, rend encor de doux sons.Pêcheur, que je te plains, dans ta nef pour demeure,Chassant ta proie errante au péril de chaque heure !À moi le bon sommeil sous un platane épais !À moi les jours couchés au sein d’un antre frais,Et la source au long bruit, qui, roulant sous la voûte,Charme et ne peut troubler le pasteur qui l’écoute !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources