Au Jardin de l’Infante, 1893
Ermione
Le ciel suave était‖ jonché de pâles roses…Tes yeux tendres au fond‖ de ton large chapeauRêvaient : tu flottais toute‖ aux plis d'un grand manteauEt ton cœur, qu'inclinaient‖ d'inexprimables choses.
Le ciel suave était‖ jonché de pâles roses…Se penchait sur mon cœur‖ comme un iris sur l'eau.
Le ciel suave était‖ jonché de violettes…Avec je ne sais quoi‖ dans l'âme de transi,Tu souriais, pâlotte,‖ un sourire aminci ;Et ton visage frêle‖ avait, sous la voilette,
Le ciel suave était‖ jonché de violettes…Les tons pastellisés‖ d'un Lawrence adouci.
Ce n'était rien ; c'était,‖ dans le soir d'améthyste,Des mots, des frôlis d'âme‖ en longs regards croisés,De la douceur fondue‖ en gouttes de baisers,Une étreinte de sœurs,‖ une joie un peu triste.
Ce n'était rien ; c'était,‖ dans le soir d'améthyste,Un musical amour‖ sur les sens apaisés.
Tu marchais chaste dans‖ la robe de ton âme.Que le désir suivait‖ comme un fauve dompté.Je respirais parmi‖ le soir, ô pureté.Mon rêve enveloppé‖ dans tes voiles de femme.
Tu marchais chaste dans‖ la robe de ton âme,Et je sentais mon cœur‖ se dissoudre en bonté.
Et quand je te quittai,‖ j'emportai de cette heure,Du ciel et de tes yeux,‖ de ta voix et du temps,Un mystère à traduire‖ en mots inconsistants.Le charme d'un sourire‖ indéfini qui pleure.
Et, dans l'âme un écho‖ d'automne qui demeure.Comme un sanglot de cor‖ perdu sur les étangs.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a roses / choses féminine, classiqueb chapeau / manteau / l'eau masculine, classiquea violettes / voilette féminine, classiqueb transi / aminci / adouci masculine, classiquea d'améthyste / triste féminine, non classiqueb croisés / baisers masculine, classiqueb apaisés / dompté masculine, non classiquea âme / femme féminine, classiquec pureté / bonté masculine, classiquea heure / pleure / demeure féminine, classiqueb temps / inconsistants / étangs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre Poétique Complète, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1921· numérisation poesies.net· Sources