La Gloire du souvenir, 1872
II. « Sous la nue où j'erre en silence »
Sous la nue où j'erre en silencePlus d'une étoile m'a parlé :Que fais-tu sous la nuit immense ?— J'ai dit : Je suis l'inconsolé.J'ai les yeux percés d'une lance !
Écoute, m'a dit la première,Je suis l'Étoile de Pitié :Je fais deux parts de ma lumièreEt je t'en donne la moitié.— J'ai dit : Garde-la tout entière !
L'Étoile d'Amour, la seconde,M'a dit : Par mes baisers flottants,J'ai sur la vieillesse du mondeFermé les blessures du temps.— J'ai dit : La mienne est plus profonde !
L'Étoile d'Espoir, la troisième,M'a dit : Vers tes pas incertainsJe veux la guider elle-même.— Pour rallumer mes yeux éteintsJ'ai dit : Il faut celle que j'aime !
Plus de clarté gît en sa mainQu'il n'en faudrait pour peupler l'ombre.Tout luit en son front surhumain,Et Dieu fit, des astres sans nombre,La poussière de son chemin !
Versification
- Forme
- 5 quintils (quintils)
- Rimes
- 5(ababa)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quintils
- Mots à la rime
- a silence / immense / lance féminine, classiqueb parlé / l'inconsolé masculine, classiquea première / lumière / entière féminine, classiqueb Pitié / moitié masculine, classiquea seconde / monde / profonde féminine, classiqueb flottants / temps masculine, classiquea troisième / elle-même / j'aime féminine, classiqueb incertains / éteints masculine, classiquea main / surhumain / chemin masculine, classiqueb l'ombre / nombre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
25 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Armand Silvestre 1866-1872, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1892· numérisation poesies.net· Sources