La Gloire du souvenir, 1872
III. « Tel mon cœur, astre obscur que la chaleur déserte »
Tel mon cœur, astre obscur‖ que la chaleur déserte,Sentait, sous ses pieds nus,‖ rayonner la fierté,Et d'un sang rajeuni‖ la vermeille clarté,Sous ses ongles, monter‖ à ma poitrine ouverte.— Tel mon cœur, astre obscur‖ que la chaleur déserte
O torture divine,‖ ô poids doux et sacréDe son corps virginal‖ en qui la mort nous tente !Le rythme de mon souffle,‖ à son pas mesuré,S'éteignait au toucher‖ de sa robe flottante.— O torture divine,‖ ô poids doux et sacré !
Mais depuis combien d'ans‖ est-elle donc passée ?Rien ne marque les temps‖ le long de mon chemin :C'est pour l'éternité‖ que mon âme est blessée,Et tous les jours sont hier‖ pour un tel lendemain !— Mais depuis combien d'ans‖ est-elle donc passée ?
Je suis épouvanté‖ de me sentir vivant !Ma douleur a compté‖ tant de siècles dans l'ombreEt tant de vains espoirs‖ dans la plainte du vent !Éternel est l'adieu‖ qui fait ma route sombre.— Je suis épouvanté‖ de me sentir vivant !
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 1(abbaa) 3(ababa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a déserte / ouverte féminine, classiqueb fierté / clarté masculine, classiquea sacré / mesuré masculine, classiqueb tente / flottante féminine, classiquea passée / blessée féminine, classiqueb chemin / lendemain masculine, classiquea vivant / vent masculine, classiqueb l'ombre / sombre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Armand Silvestre 1866-1872, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1892· numérisation poesies.net· Sources