Le pays des roses, 1882· Impressions et souvenirs
À Thilda
QUAND, penché sur le bord‖ de la vie éternelle,Gouffre que le néant‖ emplit silencieux,Tristement vers l'azur‖ indifférent des cieux,Pour la dernière fois‖ se tendra ma prunelle,
Comptant le peu de bien‖ que la vie eut en elleEt les obscurs déclins‖ de mes jours radieux,Je n'accuserai pas‖ l'inclémence des cieuxEt ne maudirai pas‖ cette heure solennelle.
Sans donner un regret‖ aux choses d'ici-bas,Je dirai : Le sommeil‖ vaut mieux que les combats,Et, mieux que dans un lit,‖ dans la tombe on repose.
Me rappelant pourtant‖ la fleur qu'en vos cheveux,Madame, un soir d'été,‖ je vis mourir, je veuxQu'on jette sur mon corps‖ une feuille de rose.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a éternelle / prunelle féminine, classiqueb silencieux / cieux masculine, classiquea elle / solennelle féminine, classiqueb radieux / cieux masculine, classiquea d'ici-bas / combats masculine, classiqueb repose / rose féminine, classiquea cheveux / veux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Pays des roses, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1882· numérisation poesies.net· Sources