Le pays des roses, 1882· Impressions et souvenirs
À un poète
Quand la pairie était‖ comme l'herbe fauchéeSous les pieds et la dent‖ féroce du vainqueur.Poète, j'ai pleuré‖ du profond de mon cœurEl sa splendeur éteinte‖ et sa gloire couchée.
Devant les morts sacrés‖ dont elle était jonchée,J'ai dit mon désespoir,‖ ma haine, ma rancœurEt j'ai mêlé ma voix‖ au lamentable chœurDont la pitié s'était‖ vers sa douleur penchée.
Mais aujourd'hui la France‖ a reconquis son rangEt lavé sa blessure‖ auguste dans son sang :Ses fils debout sont prêts‖ à défendre leur mère.
En attendant ce jour‖ cher au cœurs valeureux,Poète, laisse-moi‖ comme en des temps heureux,Chanter encor l'amour‖ et sa douceur amère !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fauchée / couchée féminine, classiqueb vainqueur / cœur masculine, classiquea jonchée / penchée féminine, classiqueb rancœur / chœur masculine, classiquea rang / sang masculine, classiqueb mère / amère féminine, classiquea valeureux / heureux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Pays des roses, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1882· numérisation poesies.net· Sources