Le pays des roses, 1882· Impressions et souvenirs
Exil
Je sais une maison fleurieD'où mon cœur n'est pas revenu,Et qui m'est comme une patrieOù l'exil m'a fait inconnu.
Comme une feuille au vent fanée,A son seuil de lierre jeté,En n'y restant qu'une journéeJ'y laissai mon éternité.
Car mon rêve, au lierre fidèleMêlant mon âme, a suspenduAu doux toit qui me parle d'elleL'ombre de mon amour perdu.
Sitôt que son aile m'emporte,C'est pour y ramener mes pas,Et je revois la chère porteQui sur moi ne se rouvre pas ;
Le jardin tout plein de lumièreOù montait sur les deux pâlisL'orgueil de la rose trémièreDominant la candeur des lys ;
Et, debout au fond de l'alléeDe chênes aux feuillages lourdsLe vieux mur où la girofléePosait ses rouilles de velours !
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a fleurie / patrie féminine, classiqueb revenu / inconnu masculine, classiquea fanée / journée féminine, classiqueb jeté / éternité masculine, classiquea fidèle / d'elle féminine, classiqueb suspendu / perdu masculine, classiquea m'emporte / porte féminine, classiqueb pas masculine, classiquea lumière / trémière féminine, classiqueb pâlis / lys masculine, classiquea l'allée / giroflée féminine, classiqueb lourds / velours masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Pays des roses, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1882· numérisation poesies.net· Sources