Le pays des roses, 1882· Impressions et souvenirs
Fierté
La vie est implacable et lâcheEt n'est clémente qu'aux méchants ;Car elle meurtrit sans relâcheLes cœurs vers le devoir penchants
C'est la marâtre qui torture ;C'est la courtisane qui ment,Et tout, dans la grande nature,N'est qu'ironie et que tourment.
Gloire à ceux qui, bravant le doute,Et, d'eux-mêmes bornant leurs pas,Ont ouvert à leur propre routeLes portes d'ombre du trépas.
Puisque l'effroi nous prend de suivreCes grands morts, d'eux-mêmes vainqueurs,Et que l'amertume de vivreTente invinciblement nos cœurs,
Ah ! du moins, sans plainte à la boucheEt sans importuner les cieux,Suivons, vêtus d'orgueil farouche,Notre chemin silencieux.
Et, sans plier sous le mystèreQue les siècles ont obscurci,Sachons descendre sous la terreSans avoir demandé merci !
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a lâche / relâche féminine, classiqueb méchants / penchants masculine, classiquea torture / nature féminine, classiqueb ment / tourment masculine, classiquea doute / route féminine, classiqueb pas / trépas masculine, classiquea suivre / vivre féminine, classiqueb vainqueurs / cœurs masculine, classiquea bouche / farouche féminine, classiqueb cieux / silencieux masculine, classiquea mystère / terre féminine, classiqueb obscurci / merci masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Pays des roses, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1882· numérisation poesies.net· Sources