Les Renaissances, 1870· Paysages métaphysiques· Vespera
IV. « La lumière qui fuit vers l'horizon plus pur »
La lumière qui fuit‖ vers l'horizon plus pur,Comme une ronce folle‖ aux plis traînants d'un voile,Se pend au bord des cieux‖ flottants, et chaque étoileSemble une épine d'or‖ qui déchire l'azur.
Les feuillages aigus‖ que sa robe balaieMontent au front de Dieu‖ dans l'éther emporté ;Puis la lune à son flanc‖ ouvre une large plaieOù la terre, en rêvant,‖ vient boire la clarté.
Car la splendeur des nuits‖ est faite de blessures ;Leur silence est douleur‖ et non sérénité :Un Christ inconnu saigne‖ en leur obscurité.
Sur tous, l'ombre et l'amour‖ enlacent des morsures ;Et chaque souvenir,‖ renaissant et vainqueur,Semble une épine d'or‖ qui déchire le cœur !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cdcd eff egg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a pur / l'azur masculine, classiqueb voile / étoile féminine, classiquea balaie / plaie féminine, classiqueb emporté / clarté masculine, classiquea blessures / morsures féminine, classiqueb sérénité / obscurité masculine, classiqueb vainqueur / cœur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources