Les Renaissances, 1870· Paysages métaphysiques· Vespera
V. « Le vent frais a doublé les ailes de la nue »
Le vent frais a doublé‖ les ailes de la nueDont le soleil tombé,‖ comme un Parthe qui fuit,Ensanglante le vol‖ d'une flèche inconnue :L'herbe tremble au toucher‖ des pieds froids de la nuit.
Vénus, qui de sa mère‖ enfin s'est souvenue,Sur le flot éploré‖ penche son front qui luit :L'innombrable baiser‖ de l'onde la poursuitVers son lit d'algue verte‖ à peine revenue.
Tout se hâte d'accord‖ vers un commun retour ;Et, rempli des senteurs‖ qu'exhalent les pelouses,Sous les toits citadins‖ où brûle encor le jour,
Une à une, soufflant‖ les lumières jalouses,Vers les lits parfumés‖ des nouvelles épousesLe vent frais a doublé‖ les ailes de l'Amour.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab abba cdc ddc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a nue / inconnue féminine, classiqueb fuit / nuit masculine, classiquea souvenue / revenue féminine, classiqueb luit / poursuit masculine, classiquea retour / jour / l'Amour masculine, classiqueb pelouses / jalouses / épouses féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources