Les Renaissances, 1870· A travers l’âme· Impressions
XV. Prométhée
Roulant son torse épais‖ sur les rocs amortis,D'un long gémissement‖ il troubla la nature :— Sinistre compagnon‖ dont je suis la pâture,Vole et porte mon cœur‖ saignant à tes petits.
Tu n'as pas fait encor‖ le tour de ma blessure :J'ai de larges festins‖ pour tes grands appétits !Ce n'est pas toi qui fais‖ ma suprême torture,Vautour, tombeau vivant‖ qui, vivant, m'engloutis.
Lugubre oiseau de proie,‖ ami des funérailles,Sans pitié ni remords‖ laboure mes entrailles :Tes serres ni ton bec‖ n'égaleront jamais
Le tourment qui me vient‖ de l'azur implacable…Ironique splendeur,‖ voûte d'or qui m'accable,Sérénité des cieux‖ profonds, que je te hais !
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a amortis / petits masculine, classiqueb nature / pâture féminine, classiquea blessure / torture féminine, classiqueb appétits / m'engloutis masculine, classiquea funérailles / entrailles féminine, classiqueb jamais / hais masculine, classiquea implacable / m'accable féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources