Les Solitudes, 1867
La colombe et le lis
Femme, cette colombe‖ au col rose et mouvant,Que ta bouche entr'ouverte baise,Ne l'avait pas sentie‖ humecter si souventSon bec léger qui vibre d'aise.
Elle n'avait jamais‖ reçu de toi tout basLes noms émus que tu lui donnes,Ni jamais de tes doigts,‖ à l'heure des repas,Vu pleuvoir des graines si bonnes.
Elle n'avait jamais‖ senti ton cœur frémirAu vivant toucher de son aile,Ni ses plumes trembler‖ sous ton jeune soupir,Ni tes larmes rouler sur elle.
Tu la laissais languir‖ captive dans l'osier,Et vainement d'un sanglot tendre,D'un sanglot suppliant‖ elle enflait son gosier :Tu ne daignais jamais l'entendre.
Jamais les fleurs du vase‖ où rêve le printempsNe furent si bien arrosées ;Jamais, sur le lis pur‖ et grave, si longtempsTes lèvres ne s'étaient posées.
Quel ancien souvenir‖ ou quel récent amour,Quel berceau, femme, ou quelle tombe,A fait naître en ton cœur‖ ce suprême retourVers ton lit et vers ta colombe ?
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (12 de 8, 12 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a mouvant / souvent masculine, classiqueb baise / d'aise féminine, classiquea bas / repas masculine, classiqueb donnes / bonnes féminine, classiquea frémir / soupir masculine, classiqueb aile / elle féminine, classiquea l'osier / gosier masculine, classiqueb tendre / l'entendre féminine, classiquea printemps / longtemps masculine, classiqueb arrosées / posées féminine, classiquea amour / retour masculine, classiqueb tombe / colombe féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1872· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources