Les Solitudes, 1867
La grande chartreuse
J'ai vu, tels que des morts‖ réveillés par le glas,Les moines, lampe en main,‖ se ranger en silence,Puis pousser, comme un vol‖ de corbeaux qui s'élance,Leurs noirs miserere‖ qui plaisent au cœur las.
Le néant dans le cloître‖ a sonné sous mes pas ;J'ai connu la cellule,‖ où le calme commence,D'où le monde nous semble‖ une mêlée immenseDont le vain dénoûment‖ ne nous regarde pas.
La blancheur des grands murs‖ m'a hanté comme un rêve ;J'ai senti dans ma vie‖ une ineffable trêve :L'avant-goût du sépulcre‖ a réjoui mes os.
Mais, adieu ! Le soldat‖ court où le canon gronde :Je retourne où j'entends‖ la bataille du monde,Sans pitié pour mon cœur‖ affamé de repos.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a glas / las masculine, classiqueb silence / s'élance féminine, classiquea pas masculine, classiqueb commence / immense féminine, classiquea rêve / trêve féminine, classiqueb os / repos masculine, classiquea gronde / monde féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1872· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources