Les Solitudes, 1867
Le volubilis
Toi qui m'entends sans peur‖ te parler de la mort,Parce que ton espoir‖ te promet qu'elle endortEt que le court sommeil‖ commencé dans son ombreS'achève au clair pays‖ des étoiles sans nombre,Reçois mon dernier vœu‖ pour le jour où j'iraiTenter seul, avant toi,‖ si ton espoir dit vrai.
Ne cultive au-dessus‖ de mes paupières closesNi de grands dahlias,‖ ni d'orgueilleuses roses,Ni de rigides lis :‖ ces fleurs montent trop haut.Ce ne sont pas des fleurs‖ si fières qu'il me faut,Car je ne sentirais‖ de ces raides voisinesQue le tâtonnement‖ funèbre des racines.
Au lieu des dahlias,‖ des roses et des lis,Transplante près de moi‖ le gai volubilisQui, familier, grimpant‖ le long du vert treillagePour denteler l'azur‖ où ton âme voyage,Forme de ta beauté‖ le cadre habituelEt fait de ta fenêtre‖ un jardin dans le ciel.
Voilà le compagnon‖ que je veux à ma cendre :Flexible, il saura bien‖ jusque vers moi descendre.Quand tu l'auras baisé,‖ chérie, en me nommant,Par quelque étroite fente‖ il viendra doucement,Messager de ton cœur,‖ dans ma suprême couche,Fleurir de ton espoir‖ le néant de ma bouche.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 4(aabbcc)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a mort / endort masculine, classiqueb ombre / nombre féminine, classiquec j'irai / vrai masculine, classiquea closes / roses féminine, classiqueb haut / faut masculine, classiquec voisines / racines féminine, classiquea lis / volubilis masculine, classiqueb treillage / voyage féminine, classiquec habituel / ciel masculine, classiquea cendre / descendre féminine, classiqueb nommant / doucement masculine, classiquec couche / bouche féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1872· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources