Les Vaines Tendresses, 1875
À l’océan
Océan, que vaux-tu‖ dans l'infini du Monde ?Toi, si large à nos yeux‖ enchaînés sur tes bords,Mais étroit pour notre âme‖ aux rebelles essors,Qui du haut des soleils‖ te mesure et te sonde ;
Presque éternel pour nous‖ plus instables que l'onde,Mais pourtant, comme nous,‖ œuvre et jouet des sorts,Car tu nous vois mourir,‖ mais des astres sont morts,Et nulle éternité‖ dans les jours ne se fonde.
Comme une vaste armée‖ où l'héroïsme boutMarche à l'assaut d'un mur,‖ tu viens heurter la roche,Mais la roche est solide‖ et reparaît debout.
Va, tu n'es cru géant‖ que du nain qui t'approche :Ah ! je t'admirais trop,‖ le ciel me le reproche,Il me dit : « Rien n'est grand‖ ni puissant que le Tout ! »
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc ddc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Monde / sonde féminine, classiqueb bords / essors masculine, classiquea l'onde / fonde féminine, classiqueb sorts / morts masculine, classiquea bout / debout / Tout masculine, classiqueb roche / t'approche / reproche féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources