Les Vaines Tendresses, 1875
L’art trahi
Fors l'amour, tout dans l'art‖ semble à la femme vain :Le génie auprès d'elle‖ est toujours solitaire.Orphée allait chantant,‖ suivi d'une panthère,Dont il croyait leurrer‖ l'inexorable faim ;
Mais, dès que son pied nu‖ rencontrait en cheminQuelque épine de rose‖ et rougissait la terre,La bête, se ruant‖ d'un bond involontaire,Oublieuse des sons,‖ lampait le sang humain.
Crains la docilité‖ félonne d'une amante,Poëte : elle est moins souple‖ à la lyre charmanteQu'avide, par instinct,‖ de voir le cœur saigner.
Pendant que ta douleur‖ plane et vibre en mesure,Elle épie à tes pieds‖ les pleurs de ta blessure,Plaisir plus vif encor‖ que de la dédaigner.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a vain / faim masculine, classiqueb solitaire / panthère féminine, classiquea chemin / humain masculine, classiqueb terre / involontaire féminine, classiquea amante / charmante féminine, classiqueb saigner / dédaigner masculine, classiquea mesure / blessure féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources