Les Vaines Tendresses, 1875
Souhait
Par moments je souhaite‖ une esclave au beau corps,Sans ouïe et sans voix,‖ pour toute bien-aimée.À son oreille close,‖ aux rougeurs de camée,Le feu de mon soupir‖ dirait seul mes transports,
Et sa bouche, semblable‖ aux coupes dont les bordsDistillent en silence‖ une ivresse enflammée,M'offrirait son ardeur‖ sans me l'avoir nommée :Nous nous embrasserions,‖ muets comme deux morts.
Du moins pourrais-je, exempt‖ d'amères découvertes,Goûter dans la splendeur‖ de ces charmes inertesL'idéal, sans qu'un mot‖ l'eût jamais démenti ;
Lire, au contour sacré‖ d'une lèvre pareille,Le verbe de Dieu seul,‖ et, baisant cette oreille,À Dieu seul confier‖ ce que j'aurais senti.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a corps / transports masculine, classiqueb bien-aimée / camée féminine, classiquea bords / morts masculine, classiqueb enflammée / nommée féminine, classiquea découvertes / inertes féminine, classiqueb démenti / senti masculine, classiquea pareille / oreille féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources