Les Vaines Tendresses, 1875
L’étoile au cœur
Par les nuits sublimes d'été,Sous leur dôme d'or et d'opale,Je demande à l'immensitéOù sourit la forme idéale.
Plein d'une angoisse de banni,À travers la flore innombrableDes campagnes de l'Infini,Je poursuis ce lis adorable…
S'il brille au firmament profond,Ce n'est pas pour moi qu'il y brille :J'ai beau chercher, tout se confondDans l'océan clair qui fourmille.
Ma vue implore de trop basSa splendeur en chemin perdue,Et j'abaisse enfin mes yeux las,Découragés par l'étendue.
Appauvri de l'espoir ôté,Je m'en reviens plus solitaire,Et cependant cette beauté,Que je crois si loin de la terre,
Un laboureur insoucieux,Chaque soir à son foyer même,Pour l'admirer, l'a sous les yeuxDans la paysanne qu'il aime.
Heureux qui, sans vaine langueurVoyant les étoiles renaître,Ferme sur elles sa fenêtre :La plus belle luit dans son cœur.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab) 1(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a d'été / l'immensité masculine, classiqueb d'opale / idéale féminine, classiquea banni / l'Infini masculine, classiqueb innombrable / adorable féminine, classiquea profond / confond masculine, classiqueb brille / fourmille féminine, classiquea bas / las masculine, classiqueb perdue / l'étendue féminine, classiquea ôté / beauté masculine, classiqueb solitaire / terre féminine, classiquea insoucieux / yeux masculine, classiqueb même / aime féminine, classiquea langueur / cœur masculine, classiqueb renaître / fenêtre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources