Les Vaines Tendresses, 1875
Les amours terrestres
Nos yeux se sont croisés‖ et nous nous sommes plu.Née au siècle où je vis‖ et passant où je passe,Dans le double infini‖ du temps et de l'espaceTu ne me cherchais point,‖ tu ne m'as point élu ;
Moi, pour te joindre ici‖ le jour qu'il a fallu,Dans le monde éternel‖ je n'avais point ta trace,J'ignorais ta naissance‖ et le lieu de ta race :Le sort a donc tout fait,‖ nous n'avons rien voulu.
Les terrestres amours‖ ne sont qu'une aventure :Ton époux à venir‖ et ma femme futureSoupirent vainement,‖ et nous pleurons loin d'eux ;
C'est lui que tu pressens‖ en moi, qui lui ressemble,Ce qui m'attire en toi,‖ c'est elle, et tous les deuxNous croyons nous aimer‖ en les cherchant ensemble.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a plu / élu masculine, classiqueb passe / l'espace féminine, classiquea fallu / voulu masculine, classiqueb trace / race féminine, classiquea aventure / future féminine, classiqueb d'eux / deux masculine, classiquea ressemble / ensemble féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources