Les Vaines Tendresses, 1875
Trop tard
Nature, accomplis-tu‖ tes œuvres au hasard,Sans raisonnable loi,‖ ni prévoyant génie ?Ou bien m'as-tu donné‖ par cruelle ironieDes lèvres et des mains,‖ l'ouïe et le regard ?
Il est tant de saveurs‖ dont je n'ai point ma part,Tant de fruits à cueillir‖ que le sort me dénie !Il voyage vers moi‖ tant de flots d'harmonie,Tant de rayons, qui tous‖ m'arriveront trop tard !
Et si je meurs sans voir‖ mon idole inconnue,Si sa lointaine voix‖ ne m'est point parvenue,À quoi m'auront servi‖ mon oreille et mes yeux ?
À quoi m'aura servi‖ ma main hors de la sienne ?Mes lèvres et mon cœur,‖ sans qu'elle m'appartienne ?Pourquoi vivre à demi‖ quand le néant vaut mieux ?
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a hasard / regard masculine, classiqueb génie / ironie féminine, classiquea part / tard masculine, classiqueb dénie / d'harmonie féminine, classiquea inconnue / parvenue féminine, classiqueb yeux / mieux masculine, classiquea sienne / m'appartienne féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources