Les Vaines Tendresses, 1875
Les fils
Toi que tes grands aïeux,‖ du fond de leur sommeil,Accablent sous le poids‖ d'une illustre mémoire,Tu n'auras pas senti‖ ton nom dans la nuit noireÉclore, et comme une aube‖ y faire un point vermeil !
Je te plains, car peut-être‖ à tes aïeux pareil,Tu les vaux, mais le monde‖ ébloui n'y peut croire :Ton mérite rayonne‖ indistinct dans leur gloire,Satellite abîmé‖ dans l'éclat d'un soleil.
Ah ! l'enfant dont la souche‖ est dans l'ombre perdue,Peut du moins arracher‖ au séculaire oubliLe nom qu'il y ramasse‖ encore enseveli ;
Dans la durée immense‖ et l'immense étendueSon étoile, qui perce‖ où d'autres ont pâli,Peut luire par soi-même‖ et n'est point confondue !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a sommeil / vermeil masculine, classiqueb mémoire / noire féminine, classiquea pareil / soleil masculine, classiqueb croire / gloire féminine, classiquea perdue / étendue / confondue féminine, classiqueb oubli / enseveli / pâli masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources