Le jardin des rêves, 1880· Les cordes brisées
Amour posthume
Quand les étoiles seront mortesEt que les anges pleureront,Lorsque la mort ouvrant les portesMettra son ombre sur ton front ;
Quand la terre enlaçant tes hanchesD’un baiser qui ne doit finir,Puisera ses floraisons blanchesEn tes flancs comme un souvenir ;
Lorsque, couchés parmi les herbesChaudes des souffles de l’été,Nous dormirons doux et superbesNotre sommeil d’éternité ;
O sœur que je n’ai pas connueQui passas sans lever les yeux,Ta chair s’étendra blanche et nueDans le cercueil mystérieux.
Mais mon désir bravant la tombeDans les ardeurs du renouveauComme une amoureuse colombeDescendra sous le froid caveau,
Et, remontant à tire -d’ailes,Au plus haut des cieux il iraChercher tes lèvres immortellesOù notre amour refleurira.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources