Le jardin des rêves, 1880· Les cordes brisées
Funerei flores
Les citroniers frileux penchent leurs feuilles blêmesEt leurs parfums amers s’exhalent lourds d’ennuiDans les jardins fleuris de pâles chrysanthèmes,Pour la dernière fois le bon soleil a lui.
Le glas des trépassés jette ses anathèmes.Le souvenir s’éveille et reprend aujourd’huiEn sourdine, les vieux, les adorables thèmesDes avrils disparus et du bonheur enfui.
O morts ! mes bien-aimés ! vous, les chères idolesQui gisez maintenant au fond des nécropoles,Vous éveillerez-vous en ce jour de douleur ?
Avant que l’hiver vienne et que la neige tombe,Espoir, amour, orgueil déjà mûrs pour la tombe,Ne me donnerez -vous une suprême fleur ?
Saint-Elix-du-Gers, 2 novembre 1878.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources