Le jardin des rêves, 1880· Rimes amoureuses
Aquarelle
Un beau soir, par un clair de lune romantique,Ainsi que les rêvaient les amants d’autrefois,Il vous plut (vous étiez d’humeur fort poétique)De canoter à deux dans un étang sous bois.
Vous prîtes dans vos mains une rame rustique,Mais elle était très-lourde et vous blessait les doigts.La barque dériva dans l’ombre sympathique…On entendait au loin des chants de villageois.
Un rayon qui tombait des ramures profondes,Mettait des taches d’or parmi vos pâleurs blondes,Et sur vos bras très-purs que vous abandonniez,
Les fleurs des eaux traînaient comme des cheveluresDans le sillage clair où les grands marronniersMiraient leurs frondaisons aux fines ciselures.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources