Le jardin des rêves, 1880· Rimes amoureuses
Sonnet
Mes désirs vont vers toi comme des tourterelles,Vers toi pleine de grâce et pleine de bonté,Et le lierre n’est pas plus fidèle aux tourellesQue mon fervent amour aux fleurs de ta beauté.
Mais, ravivant l’ardeur des antiques querelles,Des souvenirs amers comme un chœur irritéMêlent confusément leurs plaintes immortelles,Et s’éveillent au fond de ma sérénité.
Déjà sur mes cheveux les neiges automnalesOnt posé la pâleur des suprêmes adieux ;Les anges ont rouvert leurs ailes sidérales…
Laisse-moi m’enivrer de baisers radieux,Et, longuement bercé par tes mains virginales,Oublier les soleils endormis dans mes yeux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources