Le jardin des rêves, 1880· Rimes amoureuses
Sonnet
Ainsi, renouvelant sous le duvet des cygnesDes trésors de beauté qu’eût adorés Scyllis,Vous faites refleurir en vos formes insignesL’orgueilleuse splendeur des marbres et des lis.
Ceux - là qui blasphémaient les rythmes et les lignes,Se tournent vers l’autel des cultes abolis,Et vers les bienheureux qui, sous l’ombre des vignes,Dorment paisiblement dans de hautains oublis.
Et les poètes saints que la lyre caresseVous chantent, ô trésor de grâce, charmeresse !Car, malgré nos hideurs et nos férocités,
Malgré qu’un peuple vil et fou les déshonore,Dans l’âme des chanteurs et dans l’azur sonore,Les dieux ne sont pas morts ; vous les ressuscitez.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources