Le jardin des rêves, 1880· Rimes amoureuses
Sonnet
Sois bénie et qu’un jour les anges de lumièreCélèbrent ton doux nom dans leurs concerts pieux,Toi, par qui, recouvrant sa pureté première,Mon cœur refleurira comme un jardin joyeux.
Sois bénie, ô ma sœur bien -aimée, et sois fièrePour avoir deviné dans mon cœur soucieuxTout ce que je gardais de force printanièreEt d’aspirations vers de plus chastes cieux.
Tu m’as tendu la main sur cette route amèreOù, voyageur lassé de monter la chimère,Triste, je sommeillais en attendant le jour.
Tu m’as versé le vin joyeux de ton sourireEt rendu dans leur joie entière et leur délireLes caresses en fleur de mon premier amour.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources