Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Sonnet
Aux jours de la saint Jean et de la Fête - Dieu,Quand les processions, musiques et bannières,Emplissent la cité de chants et de lumièreEt d’encens solennel fumant dans le ciel bleu,
On voit passer en rang et marchant les premières,Les vierges de douze ans dont encor nul aveuN’a fait battre le cour et qui tremblent un peuSous la claire blancheur des gazes familières.
Une odeur de buis vert s’exhale sous leurs pas :Car la rue est partout embaumée et fleurie.Et le passant hâtif qui souffre et ne croit pas,
Courbe son front devant la chaste théorieD’où montent, par instants, les hymnes que tout basIl disait autrefois à la Vierge Marie.
Toulouse, juin 1876.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources