Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Sonnet
A Etienne Bladé
Puisque les chants sacrés dont la Muse s’honoreDoivent en bondissant sous le plectrum sculpté,Comme un large ruisseau de parfums et d’auroreRajeunir dans leur flot la pâle humanité ;
Puisque, pour les grands cœurs, la Cithare sonoreGarde le charme exquis de l’immortalitéEt que plus d’un voudrait le cheval de LénorePour s’enfuir à plein cœur dans son rêve vanté,
Vous faites bien, ami, de demeurer poèteMalgré l’indifférence et les ris contempteurs,Car au plus haut des cieux l’apothéose est prête,
Car vous triompherez parmi les grands lutteursQui marchent, radieux, en ces siècles morosesLes doigts ensanglantés du sang divin des roses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources