Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Sursum corda !
A René Toussaint.
Quand la beauté, pleurant comme un ange maladeQu’étouffe l’air impur de ce temps odieux,Remonte, oiseau blessé, dans la splendeur des cieuxEn jetant à la nuit sa dernière roulade,
Heureux celui qui peut des soleils radieux,Pour dérober la flamme, essayer l’escalade,Et qui, ne craignant pas le destin d’Encelade,Sur leurs trônes d’azur va réveiller les dieux.
Nous serons de ceux -là si la mort nous respecte,Nous ferons resplendir dans la forme correcteLe rêve fraternel qui hante nos cerveaux.
Et nous vivrons, pareils à ces dompteurs sublimesQui, dédaignant la terre et ses plus fières cimes,Font cabrer en plein ciel leurs farouches chevaux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources