Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Le bûcher d’Hèrakles
A Leconte de Lisle
Comme il avait tordu les sapins séculairesEt construit un bûcher digne de ses travaux,Le fils divin de Zeus, le dompteur de chevaux,Héraklès s’y coucha plein de lourdes colères.
L’acre douleur mordait ses héroïques chairs,Des larmes déchiraient son âme abandonnéeEn songeant à l’amour de la fille d’Onée,La reine Déjanire aux yeux méchants et clairs.
Mais toujours plus épaisse arrivait la fumée,Et la lune agrandie ensanglantait les cieux :Des vautours s’appelaient dans l’air silencieux,Une clameur montait de la nuit enflammée.
Une clameur lugubre où l’homme vénéré,A travers les frissons du soir mélancolique,Écoutait des loups noirs la horde faméliqueEmplir de hurlements l’Oita désespéré.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources