Poèmes Aristophanesques, 1904
Ballade prémonitoire
Habitavi cam habiiantibus Cedar...
comparati sunt jumentis insipientibus
et similes facti sunt illis,PSALM passim.
Mes Quatorzains et vous, Ballade siHautainement goguenarde et frisquette,Benoît lecteur vous ait en grand merci !Panurge daube et Sannio craquète,Et ce divin Mondor, pendant la quête,Objurgue Tabarin spurciloquent.Et c’est pourquoi je me rigole quand— Une rougeur pudique sur leurs trognes —Vous effarez le Mufle ivre de cant :Ce que j’écris n’est pas pour ces charognes.
Est-il bourdeaux, Ouatrevents ou Farcy,Dont Cassagnac n’emporte la conquête ?Le fin lamper du Mage a réussiTant qu’à Lesbos, pour très cher, il béquète.Mais l’alkermès, l’ambre ni la roquetteAu jeu d’amour ne l’ont rendu fréquent.Paul Bonne tain, astucieux bacchantDont le poignet suscita maints ivrognes,Passe en renom la chose Barracand .Ce que j’écris n’est pas pour ces charognes.
Gallefretiers et veillaques aussi,Journaleux chez qui Prud’homme banquète,Maquerels francs de tout noble souci,Bélîtres, candidats à la Roquette,Larbins, truands sans guiches ni casquette,L’olybrius, le fol et le croquant,Severin Faust, si Belge ! prédicantSoi verbe doux comme pestes et rognes,Ah ! loin d’iceux contrevaller son camp !Ce que j’écris n’est pas pour ces charognes.
Prince, immergez l’odieux fabricantDe méchants vers au plus noir des eaugrognes,Et, retranché parmi vos Quiquengrognes,Exterminez l’ignare et le pacant :Ce que j’écris n’est pas pour ces charognes.
35 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes Aristophanesques, Paris, Mercure de France, 1910· numérisation archive.org· Sources