Poèmes Aristophanesques, 1904· Quelques variations pour déplaire a force gens
L’amateur d’âmes
Si Barrés avait la beauté du corps,Il mépriserait la législature,Drumont et Quesnay qui le bran triture.Il serait cabot, dentiste ou recors,Dans les bois ombreux suivrait les dix-corsEt, tout près de Gyp, aux accords des cors,On exalterait sa noble stature,Si Barrés avait la beauté du corps !
Des courses à pieds battant le records,Il enjamberait les chiques voitures.Même il dénouerait, parfois, des ceinturesEt de Bérénice il verrait les cors.Sur un long divan de Smyrne ou d’Angkor,Elle, se pâmant, lui dirait : « Encor »,Toute prête à d’exquises courbatures,Si Barres avait la beauté du corps !
Mais Barrés n’a pas la beauté du corps.Ah ! pour lui, combien marâtre, NatureL’a fait de tout point en caricature.Maurras dont le nez se fond en ichors,Cherche vainement des tropes accortsPour louer sa taille ou ses justaucorpsEt pour acclamer sa candidature.Car Barrés n’a pas la beauté du corps.
Madame, lisez dans BonaventureDes Perriers ou chez le sieur des AccordsDe tels vieux cocus les mésaventures.Lui, pour déterger son air de roture,Vit près de « madame » en parfait accord.Non, Barrés n’a pas la beauté du corps.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes Aristophanesques, Paris, Mercure de France, 1910· numérisation archive.org· Sources