Poèmes Aristophanesques, 1904· Quelques variations pour déplaire a force gens
Oiseaux
(D’APRÈS LA MANIÈRE DE PAPPAHYDRARGYROPOULOS ;
Un oiseau rose, oiseau joli,
Oiseau qui parle — tel un homme —
L’on ne sait d’où, l’on ne sait comme
Il entre et dit : « Gagha-Véli ! »JEAN MORÉAS. — Les Cantilènes.
Le bec rose du cygne noirAu vermiculeux entonnoirQui s’atramentePiqué des mouches. Le corbeau,Scaramouche ailé, fait le beauPour son amante.
O très-alme, vous la verriezPar les acacias guerriersOù l’œil se pocheEt sur l’ombellifère pieuDu cèdre que monsieur JussieuMit dans sa poche
Marcassite, chrysobéril,Saphirs et, comme un ciel d’avril,Les escarboucles,Hydrophanes, turquoise et lesFeux vineux des rubis balaisSertis en boucles ;
Cinabre par l’Orgueil choisi,Pur azur, azur cramoisi,Épodes bleuesDeux yeux bleus aux jeux onduleuxOcellant de leurs aveux bleusLes vertes queues.
Le flamant et le jabiru,L’ibis mangeur de serpent cru.Mais sans colique.Le manucode et le hibouPercogitent sur le bambouMélancolique
Et le casoar vénéréDont le plumage écrit en réMineur, flamboieEt, nonobstant leur collège ars,Libidineux, virent les jarsAutour d’une oie.
Le cormoran, le pélican,Le pélican qu’Alfred vit quandPuait son œuvre,La cigogne du doux Tou-fouLe fou raillant la grue au couLong de couleuvre.
Ainsi les empennés vermeilsHabitent l’arche des sommeilsExempts de lucresEt la neige sainte, les OrsImpollus dorent de trésorsTous ces volucres.
Afin que le poète soitChappé d’amour quand il s’asseoitSous les pilastresDe la crypte jaune où l’encensMonte en flocons évanescents,Parmi les astres.
54 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes Aristophanesques, Paris, Mercure de France, 1910· numérisation archive.org· Sources