Poèmes élégiaques, 1907· Vitraux
Épigramme
Tel un croyant apporte aux pieds de la MadoneL’odorante moisson des lis et des rosiers,Et, tendant vers l’autel ses bras extasiés,Implore le regard qui console et pardonne ;
J’ai baisé sur tes pas le désir tout-puissantA qui depuis toujours mon âme est fiancée,Et, pour une guirlande à ton front blanc pressée,Cueilli les floraisons vermeilles de mon sang.
En toi j’ai mis l’orgueil suprême et l’espérance,Tel qu’un plongeur perdu sous l’abîme lacté.Dans l’ombre, j’ai tendu les bras vers ta beautéEt j’ai clamé vers toi du fond de ma souffrance.
J’ai baisé sur tes pas ton charme ensorceleurEt dans ses chaînes d’or j’ai scellé toute envie,Afin que, triomphante et superbe, ma vieRefleurisse à jamais sur tes lèvres en fleur.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources