Poèmes élégiaques, 1907· Le jardin des rêves
Sonnet
Pour immortellement fixer l’enchanteresseIndolence, le charme obscur à définirEt dans des vers mystérieux, avec adresse,De votre cher profil noter le souvenir,
Il nous faudrait, en châtelaine, en dogaresse.Parmi des fleurs du Ciel, vous peindre et rajeunirLes tons extasiés dont Jean Memling caresseNotre-Dame, sur un champ d’or et de saphyr.
Émaux d’azur ! vélins gaufrés d’enluminuresBlondes où, dans leur cotte aux roides entournures,Les belles d’autrefois passent, tenant un lis !
Et gloire à votre nom par delà les étoiles,Vous qui gardez, éclos sous l’argent fin des voiles,Un sourire oublié de Ginèvre ou d’Allys !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources